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Charlie
Kohler joue du piano dans le bar-dancing populaire de Plyne. Son frère Chico,
poursuivi par les gangsters Ernest et Momo, vient trouver refuge auprès de
lui. Après avoir réglé la situation, Charlie regagne son domicile et retrouve
son amie Clarisse, une jolie prostituée voisine de palier. Léna, la serveuse
du bar, est intriguée par la timidité et le mutisme de Charlie.
Au cours d'une promenade, elle parvient à lui arracher quelques
confidences… Avant de jouer chez Plyne, Charlie était un grand pianiste
virtuose, connu sous le nom d'Édouard Saroyan. Un jour, sa femme Thérésa lui
avoua qu'elle avait contribué à la fulgurante promotion de Saroyan en devenant
la maîtresse de son imprésario. Elle s'était ensuite suicidée en se jetant
par une fenêtre.
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Léna
veut aider Charlie, mais la jalousie de Plyne provoque une bagarre au cours
de laquelle Charlie devient meurtrier malgré lui. Ernest et Momo ont enlevé
Fido, le jeune frère de Charlie. Une fusillade éclate autour du chalet alpin
où se sont réfugiés Léna et Charlie. Léna s'effondre dans la neige, touchée
mortellement. Charlie se remettra au clavier du piano bastringue.


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Le film se présente comme un parcours du noir vers le blanc, de la nuit des
premières scènes vers la maison dans la neige ; comme une ascension des profondeurs
de la cave, où se tapit Charlie après sa bataille avec Plyne, vers la luminosité
éblouissante des montagnes.
Le film est, avant tout, un voyage vers le passé, un retour
vers les origines, vers l'enfance de Charlie ; mais ce retour est aussi le
retour du refoulé, retour de la violence de l'enfance à laquelle le héros
avait cru pouvoir échapper en quittant jadis ses frères.
Construit autour d'un long flash-back qui occupe un tiers
du film, le récit se joue sur la répétition d'un temps cyclique. A l'histoire
de Charlie, Léna et Plyne répond, dans le passé, celle d'Edouard, Thérésa
et Lars Schmeel. Dans les deux cas, le désir d'un autre homme vient détruire
l'harmonie du couple. Dans les deux cas, la mort de la femme ponctue le dénouement
du drame. Par sa construction narrative, le récit élude la possibilité d'une
progression linéaire, d'une résolution qui ne soit pas une répétition.
Le film dans son ensemble manifeste une crainte fondamentale
envers le féminin. A l'exception du passant rencontré par Chico, qui a réussi
à surmonter son ambivalence et à trouver le bonheur dans le mariage (il évoque,
au seuil du récit, un idéal irréalisable), le film présente une galerie d'hommes
incapables de vivre harmonieusement leur rapport avec la femme. Les gangsters
et les frères du pianiste ont des fixations libidinales infantiles. Lars Schmeel
et Plyne convoitent des femmes qu'ils ne peuvent pas avoir. La menace représentée
par le corps féminin, qui, par un retour classique de la fiction, se transforme
en menace contre le corps de la femme, se manifeste dans un réseau d'images,
les barreaux derrière lesquels se profile souvent sa silhouette. Lorsque Charlie
montera pour la première fois chez Léna, la caméra offrira un gros plan des
jambes de la jeune femme filmées à travers les rampes de l'escalier. Les allées
et venues de Clarisse sur le palier qui mène à la chambre seront filmées selon
le même dispositif. Lors de leur première promenade, Léna et Charlie, poursuivis
par les gangsters, se réfugieront derrière la haute grille dont les barreaux
jettent en premier plan leur ombre sur le couple et quand Léna viendra rejoindre
le pianiste dans la maison sous la neige, il l'apercevra à travers les grilles
de la fenêtre. Ces images qui représentent une des constantes de l'oeuvre
de Truffaut, consacrent l'union du désir et de l'interdit.
Tirez
sur le pianiste
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film noir
D?après
le roman de David Goodis. Avec : Charles Aznavour (Charlie Kohler/Edouard Saroyan),
Marie Dubois (Lena), Nicole Berger (Theresa), Michèle Mercier (Clarisse), Jean-Jacques
Aslanian (Richard Saroyan), Daniel Boulanger (Ernest), Albert Rémy (Chico Saroyan).
1h25.